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Voici une liste d'ouvrages consacrés à la difficulté maternelle, la maternité et la paternité.
Accompagnés parfois pour ceux que nous avons lus et particulièrement appréciés d'un avis.
N'hésitez pas vous aussi, à nous faire partager vos lectures et vos critiques en nous envoyant un mail à cette adresse message@maman-blues.org.
(Nous avons grand besoin de lectrices pour nous aider à faire des fiches)
Une seule condition toutefois, que l'ouvrage que vous souhaitez évoquer dans cette rubrique, soit en relation avec les thèmes et problèmes abordés sur Maman-blues*.
* Vous pouvez néanmoins nous faire partager vos autres coups de coeur et critiques littéraires dans notre forum de discussions.

Cliquez sur la couverture du livre qui vous intéresse pour en lire nos commentaires :

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"Eloge des mères" de Edwige Antier (Robert Laffont, 2002)
L'auteur : pédiatre, diplômée de psychopathologie de l'enfant
Ce livre dénonce à la fois l'excessive culpabilisation des mères quoi qu'elles fassent pour leur enfant, la dureté et l'irrespect de la société à leur égard, les propos, conseils et remarques dont on ne manque pas de les submerger et qui fragilisent dangereusement la confiance qu'elles peuvent avoir dans leurs capacités maternelles...
Il existe un état d'esprit collectif, soucieux de mettre votre maternité sous coupe réglée (horaires de tétées fixes, séparations mère enfant la nuit, ...) et qui dès l'accouchement peut saboter vos premières relations.
Différents thèmes sont abordés : l'instinct maternel malmené, les femmes homosexuelles et leur désir d'enfant, les premières interactions mère-enfant avec l'importance des premiers regards, les mauvaises mères ou jugées comme telles.
Notre avis :
A lire pour reprendre du poil de la bête face à nos détracteurs et moralisateurs qui savent mieux que nous ce qui convient à notre enfant.
Un livre qui nous redonne confiance et raison et nous assure / rassure que ce l'on fait est déjà suffisant pour notre enfant...
Un petit bémol cependant : pourquoi Edwige Antier s'obstine à nous prouver l'existence d'un instinct maternel en allant chercher du côté des animaux et des hormones, ne pouvait-elle pas trouver une autre explication plus...Humaine ?
Davantage liée à notre histoire et notre spécificité pour expliquer cette adéquation spontanée, cet élan que l'on éprouve pour son enfant. |
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"La folie des mères" de Michèle Benhaïm (Imago, 1992)
L'auteur : psychanalyste et psychologue clinicienne dans un CHS A Marseille
L'ambivalence maternelle qui caractérise chaque femme devenant mère est ici révélée à travers le fantasme de "j'ai tué mon enfant".
En lui donnant naissance, toute mère inscrit son enfant dans l'ordre de la mortalité, d'où une culpabilité permanente face à tout ce qui peut lui arriver.
La naissance est concomitante d'une mort symbolique.
Ce fantasme, selon son niveau de proximité avec le conscient, selon la personnalité, l'histoire de la mère et la place attribuée au père s'exprimera plus ou moins intensément, plus ou moins violemment.
Les différentes pathologies de la maternité : psychose, dépression du post partum, anorexie du nourrisson, infanticide, sont ainsi revues à la lumière de ce concept.
Notre avis :
Ouvrage très intéressant, riche qui apporte une explication très pertinente sur ce sentiment de culpabilité permanente commun à toutes les mères.
Trés important : le passage sur la psychose puerpérale.
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"Le baby-blues n'existe pas" de Patrick Ben Soussan (Erès, 2003)
L'auteur : pédopsychiatre, praticien hospitalier à Marseille, dirige la collection "Mille et un bébés" et la revue Spirale aux Éditions Erès
Titre provocateur où l'auteur nous rappelle à juste titre que la grossesse n'est pas une maladie et le baby-blues une pathologie dépressive.
Le corps médical a fait de ce moment de bouleversements légitimes après une naissance, une pathologie dépressive que l'on tenterait malgré tout de minimiser derrière ce nom de : baby-blues.
Le recours systématique et "rassurant" à cette expression (pas un ou une qui n'ignore son existence) est une façon d'inviter les femmes à patienter durant cet épisode et indirectement à se taire ou du moins à taire les émotions, les idées et les mots qui surviennent.
Le baby-blues a été inventé pour se dérober devant les nécessaires interrogations que chacune devrait pouvoir formuler auprés du corps médical ou de son entourage après un tel remaniement psychique.
Cette étiquette fantaisiste banalise l'intensité des émotions de l'après-accouchement et surtout prive les femmes d'un soutien dont elles ont particulièrement besoin après un tel moment.
Notre avis :
Se lit vite et avec régal.
S'adresse à tous ceux et celles pour qui ces moments intenses ne doivent pas se réduire à une simple appellation, le livre de Ben Soussan redonne à ce moment de l'après naissance tout son sens et sa dimension humaine : c'est un temps où les mères se découvrent et découvrent leur enfant.
Et ce temps de bouleversements ne peut se résumer à une seule expression.
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"Je rêve un enfant" de Monique Bydlowski (Odile Jacob, 2000)
L'auteur : psychiatre, psychanalyste, Directeur de recherche, Paris.
L'auteur s'interroge sur les forces obscures ou inconscientes qui sont à l'oeuvre dans la création d'un enfant et sur la nature de notre désir de maternité.
Un livre sensible où les différents concepts classiques de la maternité sont repris : attachement, identification à une autre femme, mandat transgénérationnel... Ainsi que les concepts propres à l'auteur déjà précisés dans ses précédents ouvrages : transparence psychique, dette de vie à l'égard de sa mère.
Ce livre s'adresse aussi bien aux futures mamans qu'à celles qui ont connu des maternités difficiles.
Notre avis :
Un de ceux que nous vous recommandons vivement, tant chaque page est source d'informations et de découvertes. Tout un passage sur l'infertilité inexpliquée qui ne manquera pas d'interpeller celles qui en souffrent.
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"Eloge des mauvaises mères" de Catherine Serrurier (Desclée de Brouwer, 1992)
L'auteur : psychothérapeute, conseillère conjugale et familiale.
"Une mère est forcément parfaite" : l'auteur dénonce cette idée préconçue !
A l'envers d'Edwige Antier, Catherine Serrurier dresse la liste de toutes les mauvaises mères, ou plutôt de toutes les façons d'être une mauvaise mère (souvent involontairement et inconsciemment) et nous rappelle que si la mère parfaite est un mythe aveuglant, il existe chez chacune une part néfaste qui nécessite d'être reconnue et soutenue pour minimiser les conséquences sur nos enfants.
Notre avis :
Le titre est accrocheur, des passages intéressants...
On regrettera cependant la trop grande place réservée dans ce livre à la description des différents caractéristiques de la mauvaise mère (plusieurs chapitres), place qui se fait (nous semble-t-il) au détriment de celle de l'éloge tant attendu ou du moins de la reconnaissance de la difficulté à être mère parfois.
L'auteur pose le problème de la nécessaire prise en charge de nos difficultés et de la pertinence à créer des lieux d'écoute et de soins adéquats.
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"Maman, pourquoi tu pleures ? Les désordres émotionnels de la grossesse et de la maternité" de Jacques Dayan (Odile Jacob, 2002)
L'auteur : psychiatre d'enfant et d'adolescent au centre universitaire de Caen, ancien consultant honoraire en psychiatrie périnatale à l'institut de psychiatrie de Londres.
Grossesse et maternité font partie des moments obligatoirement heureux de notre vie et s'il en advient autrement, déni, honte et culpabilité sont encore le lot des femmes qui vivent des moments de doutes, d'anxiété et de déprime.
L'époque n'est plus au silence qui entourait autrefois ces maux de la maternité, il est important désormais que les femmes puissent être informées des difficultés psychologiques qui surviennent aprés une maternité ou pendant la grossesse.
L'auteur liste les différents symptômes de la difficulté maternelle : dépression de la grossesse, baby-blues, dépression du post-partum, psychose puerpérale, troubles somatiques du nourrisson...
Il expose clairement leurs différentes caractéristiques, avance des causes possibles tout en illustrant ses propos de nombreux cas cliniques.
Notre avis :
Un des livres les plus complets sur les troubles psychologiques de la maternité, les symptômes sont détaillés avec précision et permet de lever toutes confusions sur les termes employés, d'où l'importance d'avoir ce livre dans sa bibliothèque pour préparer la venue de bébé.
Bien que chaque cas pathologique ait sa petite explication psychologique, la difficulté maternelle y est encore abordée sous un angle psychiatrique.
On saluera le livre de M. Dayan, d'un abord facile, clair et précis, même si à aucun moment celui-ci n'a retiré sa blouse blanche de psychiatre.
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"Le mystère des mères" de Catherine Bergeret-Amselek (Desclée de Brouwer, 1996)
L'auteur : psychothérapeute et psychanalyste, accompagnant depuis plusieurs années les femmes enceintes et les pères en devenir, en séances individuelles ou en groupes.
La maternalité (au croisement du maternel, de la maternité et de la natalité) est le processus psychologique de la maternité en construction depuis notre enfance.
C'est un ensemble de moments essentiels dans la vie d'une femme qui correspondrait à des crises identitaires et libidinales.
Attendre un enfant c'est à la fois revivre fantasmatiquement sa conception, sa vie utérine et sa naissance et revivre en image ce que sa propre mère a vécu : ces reviviscences s'accompagneraient d'une crise narcissique.
L'auteur retrace les modes d'expression de cette maternalité aux différentes étapes de la grossesse :
- L'ambivalence du premier trimestre entre désir et dégoût, garder ce bébé et le rejeter,
- L'état de grâce du second trimestre avec des moments de paix intérieure, des élans sensuels, un appétit de vivre tout en se repliant sur soi et ce bébé à venir
- Et enfin le troisième trimestre où à l'approche de l'accouchement la maman "redescend" un peu sur terre : il lui faudra désinvestir un objet (le bébé) investi dans le corps, à cela s'ajoute la prise de conscience du côté inéluctable de la naissance et de l'accouchement : vécu et décrit dans cet ouvrage comme une atteinte narcissique nécessitant une phase de réappropriation du corps.
Notre avis : (à venir)
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"Père" de Denis Marquet (Albin Michel, 2003)
L'auteur : écrivain, philosophe, a ouvert à Vincennes un cabinet de philosophie destiné aux patients cherchant un sens à leur vie.
"Je crois que l'on n'écrit jamais que sur l'impossible"...
Entre réflexions et anecdotes, Denis Marquet décrit ses rapports avec son fils Barthélémy et tente de répondre à la question difficile : "qu'est ce qu'un père ?"
Au contraire de la maternité, la paternité n'a pas d'évidence charnelle, et on ne retrouve pas d'exemple dans la nature : l'homme est un animal qui a un père !
Devenir père c'est se retrouver sur scène face à un public nombreux, très en demande et ne pas avoir de texte : le rôle est vide.
Force est de constater qu'être père n'a pas de sens.
Seul l'enfant est expert en paternité, car c'est son besoin et son désir qui construira le père !
Notre avis :
Denis Marquet a pris le risque de se mettre a nu pour tenter (je choisis ce verbe-là tant il fait preuve d'humilité et d'incertitudes dans sa démarche) de penser le père autrement...
Autrement que par le jeu habituel des contrastes et comparaisons avec la mère : on chemine tout doucement avec l'auteur de la conception de son enfant jusqu'aux 2 ans de celui-ci et nous sommes les témoins émus de sa paternité naissante et fragile jour après jour.
Aprés avoir renoncé à correspondre à ce que la société attend d'un père, Denis Marquet constate sans amertume mais avec une lucidité courageuse que le père n'est rien sans l'enfant et que c'est ce dernier qui le façonne de ses désirs, de ses besoins.
Bref, un père qui se cherche, qui tâtonne, un père tiraillé entre ce que l'on attend de lui et ce qu'il ressent vraiment, un père surtout qui se pose bien plus de questions qu'il ne tente d'y répondre...
Une démarche sincère, surprenante pour ceux qui ne vivent que de certitudes et qui ne s'avancent que sur des chemins balisés...
Une formidable "vue" sur les bouleversements intérieurs de la paternité (lisez vers la fin de son livre sa "conception " de la déprime !!!)
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"Le sens de la maternité" de Jean-Marie Delassus (Dunod, 2ème édition 2002)
L'auteur : pédopsychiatre, chef du service de Maternologie (unité mère-enfant unique en France) dans les Yvelines.
La maternité est essentiellement connue pour son versant physique (obstétrique) et réduite lorsqu'une difficulté à se sentir mère survient à une maladie psychiatrique, un défaut d'instinct ou assimilé à une grande faute morale.
L'AUTEUR CONTESTE ICI CETTE PERCEPTION qui escamote la véritable nature de la maternité humaine qui est avant tout psychique.
Tout en reconnaissant que la maternité est aléatoire et que les mères ont droit à la crise maternelle, Jean-Marie Delassus rappelle que 75 000 enfants sont chaque année soumis à une naissance problématique et que 5000 d'entre eux sont identifiés comme victime de maltraitance.
La maltraitance étant toujours précédé par la malnaissance, celle-ci étant une des conséquences directes de la difficulté maternelle, il est absolument vital de reconnaître et soutenir au plus tôt ces mères qui ont mal à leur maternité.
Jean-Marie Delassus expose dans cet ouvrage les différents aspects de la difficulté maternelle ainsi que la clinique si particulière de la maternologie.
Notre avis :
Ouvrage le plus complet sur la maternité : son histoire, ses idéologies et théories cliniques, sa véritable nature, ses problématiques et son soin possible !
Destiné à l'ensemble des soignants de la maternité et de la périnatalité, ainsi qu'à tous les parents : à lire absolument !!!
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"Devenir mère, histoire secrète de la maternité" de Jean-Marie Delassus (Dunod, 2001)
L'auteur : pédopsychiatre, chef du service de Maternologie (unité mère-enfant unique en France) dans les Yvelines.
Parce que l'on ne naît pas mère mais qu'on le devient, l'auteur nous décrit étape par étape ce long voyage intérieur et secret.
Le devenir mère est donc un chemin personnel, qui puise sa source à la fois dans le corps et l'histoire d'une femme.
Jean-Marie Delassus a donc retracé cet itinéraire tel qu'il a pu l'entendre de la bouche des femmes qu'il a côtoyées tout au long de sa pratique maternologique, ou le pressentir en regardant naître et vivre les enfants.
Notre avis :
D'un abord moins clinique que "Le sens de la maternité", se lit sans doute plus aisément : on chemine tranquillement sur cette voie secrète et fragile du devenir mère.
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"Mal de mère mal d'enfant" de Catherine Garnier-Petit (Editions Albin Michel, 1999)
L'auteur : pédopsychiatre, psychologue clinicienne dans une maternité parisienne.
Le livre :
Idéalisée culturellement, soumise à des pressions et exigences sociologiques à la fois tenaces et permanentes, la maternité est systématiquement réduite à son versant physiologique. Le processus qui mène au devenir mère sera parfois défaillant, chaotique voire compromis.
Désirer un enfant, le concevoir, le mettre au monde puis l'accueillir seront autant d'étapes successives susceptibles d'être vécues difficilement et douloureusement.
La résurgence d'évènement et de conflits (passés ou récents) liés à l'histoire de la future mère (problème de couple ou familial, inceste, relation parasitante avec un de ses parents, ...) peuvent bloquer le processus maternel au moment de transmettre la vie.
Les progrès scientifiques (PMA, FIV) eux-mêmes en permettant désormais à certains couples de devenir parent peuvent également compliquer les paramètres maternels : par exemple dans le cas de grossesses multiples où l'être humain ne peut bien souvent investir plus d'un objet d'amour à la fois.
Faute de pouvoir verbaliser leurs angoisses, et leurs doutes certaines femmes aborderont ce continent en multipliant les échecs (stérilité, fausses couches) et/ou les déceptions (dépression, psychose, difficulté maternelle).
Nombreuses sont les situations qui peuvent bloquer ce processus maternel.
Notre avis :
En s'inspirant de nombreux cas clinique de femmes qui se sont adressées à elle pour tenter de passer d'une rive à l'autre, l'auteur nous fait la démonstration que la parole peut dénouer certaines situations et noeuds maternels. Maman-Blues a apprécié cet auteur qui comme elle dit elle-même est tombé en maternité il y a bien longtemps.
Extrait :
"...Tout va trop vite dans un monde qui a oublié que le temps est un facteur essentiel pour le psychisme humain. Tout va trop vite entre l'accouchement et la sortie de la maternité, une maternité comme une ruche où, telles des abeilles bourdonnantes, tous les protagonistes font leur travail le mieux possible en regardant la montre. Qui prend le temps de s'asseoir sur le bord du lit d'une parturiente et de l'écouter parler seulement de sa grossesse, de son accouchement, de ce bébé étranger qui va devenir tout pour elle, de ses doutes, de ses souffrances et de ses émerveillements ?
Qui n'écoute pas l'autre ignore les richesses dont il se prive et les déceptions et tristesses qu'il provoque, comme celui qui, à une accouchée qui pleurait, a lancé : « c'est normal c'est le baby blues ! » et est parti en courant.
Le temps serait-il devenu un luxe « inachetable » que personne ne s'octroie et ne peut offrir à quiconque ?"
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"Bébé blues, la naissance d'une mère" de Pascale Rosfelter (Le Seuil-Poche, 1994)
Commentaire à venir...
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"Les troubles psychiques précoces du post-partum" de Cyrille Guillaumont (Erès-Poche, 2002)
L'auteur : psychiatre au C.H.U. d'Amiens
Ce livre reprend les thèmes et interventions, exposés lors de la journée annuelle de la Société Marcé Francophone autour des pathologies de la maternité : blues sévère et psychose puerpérale.
Se posent pour ces professionnels travaillant sur les troubles de la maternité, la question de leur éventuelle étiologie : causes liées au contexte psychosocial, d'origine biologique, influence du choix de l'allaitement ou du caractère du bébé sur la dépression maternelle... et celles des moyens envisagés pour les prévenir.
Trois textes abordent également les pathologies paternelles et élaborent le processus psychique qui est en cours dans la mise en place de la paternité.
Notre avis :
On retrouve dans cet ouvrage la confirmation que la difficulté maternelle n'est ni prévisible ni appréhendable au vu de critères extérieurs tels que : la prise en compte des conditions sociales, de l'âge, du niveau d'études, du lien marital... Pas de lien causal non plus avec le choix de l'allaitement (artificiel ou naturel) ou selon le caractère du bébé (pas de bébé déprimants ou au contraire antidépresseur).
Confirmation également que la dépression de la mère ne génère pas systématiquement un trouble relationnel avec son enfant et que la difficulté maternelle ne se mesure pas uniquement au vu d'une apparence dépressive !!!
On retiendra surtout dans cet ouvrage les trois textes consacrés au blues du père. La difficulté paternelle existe, mais se heurte encore à une réticence défensive de son entourage : il y a là aussi comme une difficulté / impossibilité de concevoir que le "devenir père" ne se fait pas automatiquement et qu'il nécessite au préalable tout un travail psychique : un voyage retour au pays de l'enfance.
La préoccupation paternelle primaire (appropriation du devenir père et capacité à soutenir la maternité de la mère) résulte essentiellement d'un processus de la pensée qui se construit graduellement en fonction des différentes étapes de la grossesse et de la naissance : annonce par la femme, échographie, accouchement et présence du bébé...
D'où la nécessité d'accompagner sur un plan psychologique ces pères défaillants.
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"Les cahiers de la maternologie" de l'Association Française de Maternologie (créés en 1993)
- N° 1. PRESENTATION DE LA MATERNOLOGIE (épuisé) :
Ce premier numéro établit l'importance d'une approche et d'une compréhension de la maternité qui tienne compte de son versant psychique sans pour cela le réduire à des affections mentales. Pour ce nouveau domaine de recherche et de soins, une clinique spécifique de la maternité est nécessaire.
- N° 2. LE POST-PARTUM (épuisé)
Le temps après l'accouchement n'est pas celui du baby-blues ou de la dépression mais le moment d'un important remaniement psychique marqué par la remontée de l'enfance et le transfert de ses éléments les plus inconscients. Ainsi, la naissance de la mère accompagne la naissance de l'enfant.
- N° 3. LE PERE DE LA MERE (épuisé)
S'il faut un père pour le bébé, on ne doit pas oublier que la maternité de la mère est fortement marquée par la nature de son attachement à son propre père ; père absent ou trop présent, père vivant ou mort, père délaissé ou toujours recherché. Etudes théoriques et cas cliniques.
- N° 4. LA MATERNITE AUJOURD'HUI (épuisé)
Actes du colloque organisé à l'Unesco (Paris) en décembre 1995, par la Fondation pour l'Enfance et le service de maternologie de St-Cyr-l'Ecole. Bilan des approches actuelles de la maternité, situation de la question de la maternité psychique et de l'abord des difficultés maternelles.
- N° 5. L'ACCOUCHEMENT "SOUS X" EN QUESTION
La loi qui organise cette possibilité est ambiguë : si elle a pour but d'aider la mère, elle ne prévoit aucun soutien pour elle, elle exclut totalement le père, elle entraîne pour le bébé une situation pathogène et elle prive l'enfant de l'accès à la connaissance de ses origines.
- N° 6. LA MATERNITE ET LES SCIENCES HUMAINES
La maternité à travers l'histoire, vue par la philosophie, pensée par la théologie, réglée par la législation, considérée d'un point de vue sociologique ou psychologique, psychanalytique ou maternologique. Texte intégral des communications au séminaire organisé par Adages, à Montpellier, en février 1996.
- N° 7. LE PARADOXE DE L'INTERRUPTION VOLONTAIRE DE GROSSESSE
La double législation des moyens de prévenir la conception et de procéder à l'avortement n'a pas modifié la fréquence de la pratique abortive. Le taux du recours à l'avortement reste stable ; ce qui est un paradoxe. Ce cahier pose la question de savoir pourquoi on a toujours recours à l'avortement alors qu'on a les moyens de faire autrement ?
- N° 8. ETRE AUX ORIGINES
Actes des communications au 1er colloque de maternologie et périnatologie qui s'est tenu en juin 1997, à Versailles. Bilan de dix ans de fonctionnement du service de maternologie de Saint-Cyr-l'Ecole.
Nombreuses interventions de personnalités scientifiques du domaine de la périnatologie pour réfléchir à l'apport de la maternologie et aux perspectives rendues possibles par une approche spécifique de la maternité psychique.
- N° 9. LE DROIT D'ORIGINE
La question du droit de l'accès à l'origine est plus que jamais posée. L'enjeu est d'en finir avec des pratiques abusives, des situations confuses, des données truquées. Sous la direction d C. Sageot, des témoignages, des
articles de fond et un Manifeste pour la reconnaissance du "droit d'origine".
- N° 10. ETAT DE LA RECHERCHE
Textes d'auteurs présentant leurs points de vue et leurs recherches sur des sujets actuels de maternologie et de périnatalité: prévention, prématurité, I.V.G., psychomotricité, dépression du bébé, etc... Définition de sept concepts de base en maternologie. Présentation, par leurs auteurs, d'ouvrages récents traitant de la maternité et du bébé.
- N° 11. BEBE 2000 ? LES REVOLUTIONS DE LA PARENTE
Actes du 3ème congrès de Maternologie et périnatalogie qui s'est déroulé à Reims les 10 et 11 septembre 1998 : "Bébé 2000, les révolutions de la parenté".
- N° 12. L'AIDE PSYCHOLOGIQUE POSTNATALE
Pourquoi la périnatalité a-t-elle laissé de côté le postnatal qui est le temps même de la maternité ? Une première partie précise les problématiques de cette période et les moyens actuels d'y répondre. Une deuxième partie envisage comment intégrer dans l'organisation et le fonctionnement des Réseaux de Périnatalité la prévention et le soin nécessaires en Postnatal. On trouvera ici une introduction à la question générale de l'Aide Psychologique Postnatale.
- N° 13. DU FEMINISME AUX DECRETS DE PARENTALITE
Actes du Congrès de Maternologie et Périnatologie (Versailles, novembre 1999). Le féminisme repense la maternité, de nouvelles données permettent de concevoir l'esprit du réseau de périnatalité et les modalités de soutien postnatal.
- N° 14. POUR INTRODUIRE LA QUESTION DU PERE
La notion de père, telle qu'elle a été héritée d'une tradition millénaire, n'est sans doute pas celle qui correspond à l'attente d'aujourd'hui. Les hommes cherchent à se reconnaître dans une autre image de père, plus adéquate aussi au désir de la femme et aux besoins de l'enfant : un autre père est en vue (annonce du 4ème Congrès de Maternologie et périnatologie).
- N° 15. NAISSANCE PSYCHIQUE ET PREVENTION PRECOCE
Le but de ce numéro est d'apporter une réflexion sur le repérage très précoce des troubles du développement, notamment de l'autisme, et des signes de souffrance de l'enfant. Après quelques rappels théoriques concernant le diagnostic précoce de l'autisme et la psychopathologie de la naissance psychique, des études de cas seront présentées.
- N° 16-17. UN AUTRE PERE
Actes du 4ème congrès de Maternologie et périnatalogie (Tours, 13 et 14 novembre 2000).
Ce congrès avait pour particularité de rapprocher les associations de pères, dont les textes sont rassemblés sous la rubrique : "Paroles de pères" et les interventions scientifiques portant sur la paternité : "Paroles sur la paternité".
N° 18. QUINZE ANS DE MATERNOLOGIE : BILAN
Essai de bilan d'ensemble des recherches, travaux, activités et publications dans le domaine de la maternologie.
- N° 19. LES VISAGES DE L'ALLAITEMENT
De la querelle des moyens de nutrition à la clinique des interactions natales. Actes des communications effectuées lors du 5ème Congrès de Maternologie et Périnatalogie à Versailles les 25 et 26 novembre 2002.
- N° 20. ACCOUCHEMENT, NAISSANCE ET REGARD
A suivre...
Notre avis :
Pour connaître la Maternologie, sa clinique, sa conception de la maternité et de ses aléas.
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"L'art d'accomoder les bébés" de Geneviève Delaisi de Parseval et Suzanne Lallemand (Odile Jacob, 2001)
Les auteurs :
- Geneviève Delaisi de Parseval : psychanalyste anthropologue de formation, spécialiste des questions de fertilité et de filiation
- Suzanne Lallemand : ethnologue, directeur de recherche au CNRS
Sujet :
Ce livre dénonce les incohérences et contradictions des manuels de puériculture destinés aux futurs parents, de la fin 19ème jusqu'aux années 70.
Résumé :
Entre idéologie, modes et fantasmes, chaque époque a dicté ses lois et ses impératifs sur la conception du maternage, parfois directement en rapport avec les nécessités de l'actualité : la guerre et ses politiques natalistes par exemple ou l'essor industriel après 1945 qui pour se fournir en main d'oeuvre exigeait une séparation précoce de la mère et son enfant. La puériculture a toujours eu un lien significatif avec l'image du monde qu'exigeait la société du moment.
Que se soit en matière d'allaitement (choix du sein ou du biberon) d'apprentissage de la propreté ou au sujet de la place du père ou de la mère auprès de l'enfant, des générations de parents ont ainsi subi les diktats des puériculteurs. Ces règles émaillées de références pseudo scientifiques ont toujours été érigées et imposées sans tolérance ni lien avec ce qui précédait (une thèse en balayant une autre).
Bien plus que le résultat d'une observation pertinente et objective des réalités d'un enfant, les pratiques de maternage préconisées ont d'abord été des tentatives de mise en place de mécanismes de défense contre l'angoisse que génère tout nouveau né chez un adulte. Le sentiment de "toute puissance" que ressentent les parents devant la néoténie de leur enfant les rend extrêmement dépendants de celui-ci. Ils ne peuvent pas ne pas s'occuper de lui puisque la mort de leur bébé viendrait systématiquement sanctionner ce refus.
C'est ainsi qu'au fil du temps et des ouvrages, plusieurs versions et variations autour de thèmes récurrents nous fut assénées :
- L'instinct maternel : il fut considéré au départ comme un sous instinct mammifère n'assurant aucune compétence et fiabilité spontanées à la mère. Puis se retrouva un temps réduit à la simple expression d'un bons sens commun sans qualité ou défaut particulier ; pour enfin réapparaître dans les années 50 avec force et éclat, sans contestation possible...
- Le droit ou l'interdiction d'avoir des relations sexuelles pendant la grossesse : elles ont été tour à tour interdites, recommandées ou encouragées mais toujours abordées avec gène quand elles n'étaient pas tout simplement occultées des manuels.
- L'allaitement maternel (au sein) : il fut d'abord jugé nécessaire sur un plan physique et immunitaire (santé du bébé et dangerosité du biberon) pour ensuite devenir obligatoire moralement. La "bonne mère" est celle qui allaite elle-même son enfant. Elle confirme ainsi à tous l'amour qu'elle lui porte.
Enfin dans les années 70, on concède à la femme le droit de pouvoir choisir entre sein et biberon. Le plaisir d'allaiter son enfant (y compris celui purement physique) ainsi que le désir de le faire pour assurer une certaine continuité "naturelle" de la grossesse n'ont jamais été mentionnés par les puériculteurs pourtant peu avares d'arguments de toutes sortes (médicaux et moraux) pour prôner et exiger l'allaitement au sein.
- La place du père : elle fut d'abord absente des premiers manuels (ce qui pouvait laisser à penser que l'enfant était conçu par parthénogenèse).
Puis évoquée et définie en fonction de ce que l'on attendait de l'autorité naturelle d'un père et/ou d'un mari (l'éternel régulateur des émotions maternelles et tiers séparateur incontournable pour empêcher toute fusion malsaine entre la mère et l'enfant).
Dans les années 60/70, on découvre le "nouveau père" à qui il est attribué une certaine fibre paternelle (le pendant de l'instinct maternel dans un souci de parité ?) pour être en mesure d'assurer ce nouveau rôle : rôle qui n'est pas véritablement précisé dans son contenu et sa spécificité et qui n'échappe pas au jeu habituel des comparaisons avec la mère.
- Variations également autour de la tétine : si décriée à ses débuts au nom de l'hygiène qu'une loi visant à interdire sa fabrication et sa vente fut votée par les députés (loi du 6 avril 1910 mais les décrets d'application ne furent jamais pris). Elle fut ensuite ignorée des puériculteurs pendant une longue période pour être enfin tolérée en tant que tétine dite "physiologique", c'est-à-dire estampillée et garantie par la médecine.
Delaisi et Lallemand évoquent l'importance et la fonction des nombreux "rituels" qui organisent et réglementent au quotidien le maternage des bébés (bain, promenade, repas, jeu, coucher...)
Ces rituels que l'on retrouve dans tous les guides de puériculture visent surtout à maîtriser et mettre à distance les sentiments ambivalents tels que amour/haine, désir/rejet, jalousie qu'éprouvent les adultes (parents et puériculteur y compris) pour l'enfant. Ainsi le rythme et le déroulement planifié des biberons, des tétées au sein, du bain, de la promenade, du change, des repas... constituent autant d'occasions - refuges pour l'adulte pour se rassurer et juguler les émotions trop vives et déstabilisantes de la maternité et paternité. La répétition scrupuleuse, le minutage et le décorticage des gestes à accomplir ont une fonction rassurante.
Comme s'il n'existait pour le monde de la puériculture qu'un seul bébé standard et qu'un seul profil de parents !
Les interdictions, tabous et peurs autour du maternage participent également à ce besoin de contrôler les pulsions parentales et de se garantir de tout plaisir dans le contact avec bébé ou pour le bébé lui-même :
- Interdiction de sucer pour le bébé et donc de trouver du plaisir à le faire : peur des microbes.
- Interdiction pour l'adulte de répondre systématiquement aux sollicitations de l'enfant : c'est la peur du bébé tyran. Le portage dans les bras et l'allaitement au sein sont réduits au minimum (la tétée est même chronométrée dans certains manuels : pas plus de 10 minutes à chaque sein). Seules dérogations admises à ces mises en garde qui ont valeur d'injonctions : la santé du bébé ou ses nécessités physiologiques : maladies, fièvre, cauchemars, besoin de manger ou d'être changé...
- Interdiction de dormir avec l'enfant émise dés les débuts de la puériculture pour prévenir de tout risque d'étouffement du bébé par l'adulte : on a alors créé et développé l'usage du berceau. Cette interdiction fut étroitement relayée par les psys qui y ont rajouté le risque libidinal : l'enfant redouterait plus que tout d'assister à la fameuse scène primitive : coït des parents )
Notre avis :
Ce livre est un véritable "état des lieux" de la puériculture et de ses écrits depuis ses origines (fin 19ème siècle) jusqu'aux années 70.
Tous les concepts de maternage imposés par le monde médical y sont analysés, décortiqués, décryptés voire "dédramatisés" avec véhémence et humour.
Les guides de puériculture nous donnent parfois le sentiment d'être naturellement incompétentes et même dangereuses Genevière Delaisi et Suzanne lallememand nous invitent à relativiser et désacraliser les conseils et les avertissements si généreusement délivrés par les puériculteurs professionnels.
Certains passages et reproches vous sembleront peut-être surprenants et même infondés à l'heure actuelle : édité en 1978, "L'art d'accommoder les bébés" fut réactualisé en 1998 dans une postface rajoutée dans un souci de faire le point sur les différents guides et leur contenu.
Effectivement on peut constater la disparition des principaux travers des puériculteurs, à l'époque plus soucieux de dicter que de convaincre : le ton niais, condescendant et souvent alarmiste des premiers manuels ainsi que le recours aux images d'Épinal pour parler de l'enfant ont disparu, les idéologies se font plus discrètes...
Désormais les puériculteurs revendiquent aussi bien (sinon plus) leur statut de parent que celui de professionnels dûment diplômés pour justifier leur démarche.
Echographie, péridurale, haptonomie et autres nouvelles techniques ont sensiblement modifié les relations entre médecins et parents : les premiers doivent d'avantage tenir compte d'une part de la réalité objective d'un enfant (terminé les images d'Epinal) et des sentiments des seconds.
Le ventre de la femme est devenu transparent, permettant à la fois un meilleur suivi prénatal et de rassurer les futurs parents. Ceux-ci peuvent de ce fait matérialiser (métaboliser) la grossesse et donc d'avantage appréhender leur futur enfant.
Il semblerait cependant que l'on assiste (péridurale et échographie aidant) à un déplacement des angoisses des futurs parents : ce n'est plus le temps de l'accouchement qui est redouté mais celui du déroulement de la grossesse. Déplacement également des responsabilités : là où autrefois seuls la nature où les médecins décidaient en cas d'anomalie de la poursuite ou non d'une maternité, cette décision échoit désormais (en partie) aux parents. Ainsi dans certains cas le vécu de la grossesse sera plus anxiogène et plus responsabilisant.
A lire !
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"La séquestrée" de Charlotte Perkins Gilman (Editions Phebus, 2002)
L'auteur :
Ecrivain de la fin du 19ème siècle, Charlotte Perkins Gilman fut une des pionnières du féminisme américain. Elle consacra une partie de sa vie et de son énergie afin que certaines libertés essentielles telle que celles de travailler, écrire ou étudier soient reconnues aux femmes : sous l'époque victorienne leur statut était encore étroitement lié à leur condition maritale.
Abandonnée dès son plus jeune âge par un père faible et écrivain raté qui considérait les enfants comme "le delirium tremens" du mariage, elle fut élevée sévèrement par une mère résignée à son sort d'épouse délaissée.
Privée d'amour, Charlotte Perkins Gilman se réfugia très jeune dans l'écriture dès l'âge de 10 ans. Elle dut pour cela braver les interdits maternels qui considéraient que l'imagination et la création pouvaient être source de rébellion chez une jeune fille.
Mariée deux fois, elle fut victime à la naissance de son unique enfant, une fille, d'une psychose du post-partum non reconnue par sa famille et qui fut à l'origine de dépressions mélancoliques multiples pendant de longues années. . Atteinte d'un cancer du sein, elle mit volontairement fin à ses jours le 17 août 1935.
Le livre :
Cette nouvelle parut en 1890 sous le titre de : "The yellow wallpaper" ("Le papier peint jaune").
Elle fut inspirée par une dépression du post-partum de l'auteur et par les soins qu'elle reçut à l'époque : la psychanalyse étant encore à ses balbutiements, la prise en charge des états mélancoliques consistait uniquement en une mise au repos complet du patient ! Toutes activités physiques et intellectuelles étaient prohibées.
Cette nouvelle symbolique, au-delà de la folie naissante de son héroïne après une maternité, est aussi l'expression d'une révolte devant les conditions de vie des femmes mariées : véritables séquestrées du mariage.
Elle fut d'ailleurs reprise à l'époque dans une anthologie de récits fantastiques afin que le public ne puisse être sensible à la dimension critique des moeurs de ses contemporains.
"Le papier peint jaune" sortit en France pour la première fois en 1977 mais sous une autre traduction.
Le titre actuel est de Diane de Margerie à qui on doit cette nouvelle présentation.
L'histoire :
Une jeune mère récemment accouchée souffrant de dépression vit confinée dans sa chambre à l'étage d'une grande maison sous la surveillance étroite de son mari médecin et de sa belle soeur.
Incapable de s'occuper de son bébé, son contact la rendant trop nerveuse, elle passe ses journées à dormir ou à écrire en cachette dans son journal intime. Son époux qui lui a interdit de ressasser ses angoisses ou de penser à son état, la maintient pour "son bien" dans un état apathique et infantilisant.
Lorsqu'elle ne dort pas, elle s'absorbe dans la contemplation fascinée du papier peint jaune qui recouvre les murs de sa chambre.
Ce papier de couleur indéfinissable, à l'odeur désagréable et aux motifs étranges qui n'obéissent à aucune loi graphique, va désormais occuper le vide de ses journées et de sa vie.
S'en suit un huit clos mental en tête à tête avec le mur qui fait face à son lit et d'où vont surgir des visions mortifères et angoissantes : des têtes coupées, des yeux exorbités, des champignons vénéneux... et puis la silhouette d'une femme retenue prisonnière qui cherche désespérément à s'échapper de ce papier qui la retient prisonnière et l'oblige à se déplacer en rampant.
Une femme que l'héroïne entreprend dans un ultime sursaut de folie de libérer en arrachant le papier morceaux par morceaux...
Notre avis :
Nouvelle envoûtante où on assiste à l'éveil hallucinée d'une femme à sa condition de séquestrée du mariage et de la maternité : ici la folie n'aliène plus, elle libère !
La difficulté maternelle de l'héroïne n'est pas le thème central de l'histoire, on la retrouve cependant par petites touches où l'on pressent que l'héroïne est dans l'incapacité totale de s'occuper de son "cher bébé".
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Livres à conseiller :
- Michèle Benhaim : "L'ambivalence de la mère" (éditions Eres)
- Sarah Blaffer Hrdy : "Les instincts maternels"
- Monique Bydlowski : "Des mères et leurs nouveaux nés (recherches et interventions autour de la naissance) (ESF Editeur)
- Paula Caplan : "C'est pas la faute des mères"
- Jacques Dayan : "Psychopathologie de la périnatalité" (éditions Masson)
- Geneviève Delaisi : "La part de la mère" et "L'art d'accomoder les bébés" (éditions Odile Jacob)
- Didier Dumas : "Sans père et sans parole" (éditions Hachette Littérature)
- Caroline Eliacheff, Nathalie Heinich : "Mères-filles une relation à trois"
- Serge Ferrand : "Papa à quoi sers-tu ?"
- Bernard Fonty : "Les pères n'ont rien à faire dans la maternité" (First Editions)
- Georges Greiner (sous la direction de) : "Fonctions maternelle et paternelle" (éditions Eres)
- Mylène Hubin-Gayte : "Les bébés" (éditions Cavalier Bleu)
- Yvonne Knibiehler : "Histoire des mères et de la maternité en occident" et "La révolution maternelle depuis 1945" (éditions PUF)
- Michel Lemay : "J'ai mal à ma mère" (éditions Fleurus Psychopédagogie)
- Sylvain Missonnier : "La consultation thérapeutique périnatale, un psychologue à la maternité" (éditions Eres)
- Françoise Molénat : "Cahiers de l'Afree numéro 18, Naissances, Psychanalyse et périnatalité (l'Afree) - mères vulnérables"
- Wilson Saavedra Beth : "Etre maman un jour à la fois" (éditions Modus Vivendi)
- Daniel Stern : "La naissance d'une mère" (éditions Odile Jacob)
- Jane Swigart : "Le mythe de la mauvaise mère, les réalités affectives de la maternité" (éditions Robert Laffont)
- Myriam Szejer : "Des mots pour naître, l'écoute psychanalytique en maternité" (éditions Gallimard)
- Maurice T.Maschino : "Y a-t-il de bonnes mères ?"
- Donald W. Winicott : "Le bébé et sa mère" (éditions Science de l'homme Payot)
- Nathalie Azoulai : "Mère agitée"
- Patrick Bensoussan : "La grossesse n'est pas une maladie"
- Chantal Birman : "Au monde, ce qu'accoucher veut dire, une sage-femme raconte"
- Simone Becache : "La maternité et son désir"
- Michèle Canon-Yannotti : "Devenir parents en maternité"
- Elisabeth Darchis : "Ce bébé qui change votre vie", tome 1 "Le Temps d'avant la naissance"
- René Frydman : "Lettre à une mère"
- Mylène Hubin-Gayte : "Les bébés"
- Jean-Claude Jugon : "Petite enfance et maternité au Japon"
- Jane Lazarre : "Splendeur et misères de la maternité", "Le noeud maternel"
- Gabrielle Rubin : "Les mères trop bonnes"
- Patricia Romito : "La naissance du premier enfant"
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